Le droit a un abri est un principe humanitaire élémentaire reconnu dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »
Le problème des sans-abri est complexe et rarement attribuable à une seule cause. En fait, on se retrouve habituellement sans abri par suite d'une combinaison d'échecs personnels et sociaux. La majorité des sans-abri a perdu ses sources personnelles de soutien (famille, milieu de travail, communauté et amis).
La précarité ne caractérise pas une catégorie sociale particulière, mais est le résultat d'un enchaînement d'évènements et d'expériences qui débouchent sur des situations de fragilisation économique, sociale et familiale. Les processus de précarisation s'accompagnent d'une souffrance psychique alliant mauvaise image de soi et sentiment d'inutilité sociale qui peut conduire à une véritable dégradation de la santé.
Les transformations récentes de la société ne permettent plus, en effet, de parler d’un seul profil de sans-abri, mais d’une diversité de profils.
Parmi les sans-abri, on compte désormais des femmes, des enfants, des jeunes adolescents, des personnes déficientes intellectuelles avec des troubles du comportement, des immigrants nouvellement arrivés, des réfugiés, des femmes victimes de violence conjugale, des personnes récemment libérées de prison, des travailleurs précaires, etc. Chacun de ces sous-groupes de sans-abri présente, par ailleurs, des différences d’âge, de sexe, d’origine ethnique.